Direction Générale de l’Armement

25 mai 2010 par Optro & Défense | Print Direction Générale de l’Armement

DGA

La Direction Générale de l’Armement (DGA) est une direction du ministère de la Défense qui dépend non pas du Chef d’Etat Major des Armées mais directement du ministre de la Défense, de la même manière que le Secrétariat Général des Armées. Nous allons voir quelles sont les missions de la DGA et comment elle s’est organisée pour y répondre. Puis nous déroulerons le fil de l’histoire pour voir comment la DGA s’est construite jusqu’à devenir l’acteur incontournable de l’armement en France, donc de l’optronique militaire en particulier. Enfin nous verrons avec quels moyens la DGA influe sur le monde de l’industrie et de la recherche. Le bilan de ses activités 2009 est téléchargeable ici.

Missions

La DGA a trois missions principales :

  • Assurer la maîtrise d’ouvrage de systèmes destinés à équiper les forces armées. En cela, elle pilote la réalisation des matériels militaires dont la maîtrise d’oeuvre est confiée à des industriels de la Défense par le biais d’offres de marchés publics dont le fonctionnement est décrit sur le site ixarm.com. La DGA peut également acquérir ces matériels « sur étagère », notamment dans le cadre des procédures d’urgence opération. La confiance n’excluant pas le contrôle, cet organisme évalue et teste ces systèmes, en particulier via ses centres d’essais pour en vérifier sa conformité par rapport au cahier des charges.
  • Préparer l’avenir en matière d’armement. Il n’est pas aisé d’imaginer les futurs possibles, tant il est délicat de faire correspondre des systèmes complexes dont l’élaboration prend du temps à une menace incertaine et à des besoins qui évoluent de plus en plus vite. La mission de la DGA dans ce cas consiste à garantir la disponibilité des technologies à venir et des savoir-faire associés. Ce travail d’anticipation permet d’orienter la recherche et faire murir des capacités prometteuses.
  • Promouvoir les exportations d’armement, en coopération avec les industriels et les partenaires impliqués et en conformité avec la Commission Interministérielle pour l’Etude des Exportations de Matériels de Guerre (CIEEMG). Elle contribue ainsi activement au renforcement de la politique industrielle française et au développement des entreprises de défense.

DGA_mission

Organisation

Pour relever ces défis, le délégué général à l’armement s’appuie sur différents services, organisés la plupart du temps sous forme matricielle.

Direction du Développement International

La Direction du Développement International est chargée de la promotion des exportations d’armement en s’appuyant notamment sur le réseau des attachés d’armement.

Direction des Systèmes d’Armes

La Direction des Systèmes d’Armes est en charge de la conduite des programmes d’armement. Elle a autorité sur les unités de Management (UM) suivantes:

  • Rafale (UM RAF), regroupant les programmes autour du chasseur multirôle de Dassault
  • Coelacanthe (UM COE), fédèrant l’ensemble des programmes concourant à l’étude et à la réalisation des systèmes nécessaires à la mission de dissuasion nucléaire assurée par la Force Océanique STratégique (FOST) de la Marine nationale.
  • Horus (UM HOR), qui couvre l’armement air-sol nucléaire
  • Nucléaire, biologique et chimique (UM NBC)
  • Missiles et drones (UM MID)
  • Opérations d’armement terrestres (UM TER), qui a notamment en charge le programme Scorpion
  • Opérations d’armement navales (UM NAV)
  • Opérations d’armement aéronautiques (UM AERO)
  • Opérations d’armement hélicoptères (UM HELI)
  • Espace et systèmes d’information opérationnels (UM ESIO)

Direction de la Stratégie

La Direction de la Stratégie, à Bagneux, est en charge de la stratégie pour la recherche technologique, l’industrie, et les programmes d’armement menés en coopération. C’est dans cette direction que l’on trouve la MRIS (Mission pour la Recherche et l’Innovation Scientifique), chargée de la recherche exploratoire et de la coopération avec les laboratoires scientifiques. On note en particulier l’existence d’un domaine photonique très actif.

Direction Technique

La Direction Technique assure en son sein les activités d’essais et d’expertise des matériels et des technologies militaires à l’aide de différentes pôles de compétence dont le pôle optronique, intégré dans la division Capteur Guidage Navigation. Ainsi dispersés sur toute la France, des centres techniques (dont les informations détaillées sont téléchargeables ici) interviennent dans le tests des technologies de pointe:

  • implantations_DGADGA Ingénierie de projets à Bagneux
  • DGA Maîtrise de l’information à Bruz
  • DGA Maîtrise NRBC à vert le Petit
  • DGA Techniques terrestres à Bourges et Angers
  • DGA Techniques navales à Brest et Toulon
  • DGA Techniques hydrodynamiques au Val de Reuil
  • DGA Techniques aéronautiques à Toulouse
  • DGA Essais propulseurs à Saclay
  • DGA Essais de missiles à Biscarosse et Saint Médard
  • DGA Essais en vol à Istres et Cazaux

La DGA travaille en étroite collaboration avec l’État-major des armées pour être au plus proche des besoins opérationnels. Les Equipes Pluridisciplinaires De Programme (EPDP) illustrent parfaitement cette volonté. Elle travaille de concert avec lOCCAr (Organisation Conjointe de Coopération en matière d’ARmement) dans la conduite de six programmes destinés à équiper, entre autres, les forces françaises. Elle contribue en parallèle au développement de l’Agence Européenne de Défense (EDA– European Defense Agency).

Histoire

Projet politique stratégique ou simple construction conjoncturelle, la Délégation Ministérielle pour l’Armement (DMA) a été crée en 1961 par le général de Gaulle dans un souci de rationaliser la construction de matériels militaires héritière des arsenaux régionaux crées sur des principes féodaux. Sa montée en puissance l’a amenée en 1977 à devenir Délégation Générale pour l’Armement. L’arrivée en 1995 de Jean-Yves Helmer à la tête de la DGA va profondément modifier les habitudes de travail, en amenant un décloisonnement et en introduisant la transversalité dans la structure de l’organisme.

Prototype du Rafale

Premier vol du démonstrateur Rafale A en 1986

Deux constantes ressortent de l’évolution de la DGA: externalisation et regroupement.

Rationalisation

D’une part le regroupement: quoi qu’en disent les détracteurs à propos du mastodonte DGA, on trouve une réelle volonté de rationaliser le système. Par exemple, il reste deux corps militaires actifs, Ingénieurs de l’Armement et Ingénieurs des Etudes et Techniques d’Armement. La distinction fonctionnelle entre ces deux corps est certes tenue mais rappelons que ces deux corps résultent tout de même de la fusion de onze corps distincts (cinq corps de direction et six corps d’ingénieurs de travaux). On assiste à cette même volonté de fusion tant au niveau des implantations territoriales, regroupées dans 14 grands centres dont certains intégrés dans le projet de Bases De Défense, qu’au niveau de la réduction du personnel dont l’objectif est 10 000 personnes pour 2014.

Externalisation de la production industrielle

D’autre part externalisation car la DGA est passée d’une structure de production d’armement à une agence de maîtrise d’ouvrages complexes. Elle s’est progressivement séparée de ses activités industrielles, à commencer par le service des poudres en 1971 qui est devenue une entreprise industrielle du secteur public, la SNPE (Société Nationale des Poudres et Explosifs). En 1990, le Groupement Industriel des Armements Terrestres de la DGA devient la société anonyme GIAT Industries (aujourd’hui Nexter System) puis c’est au tour de la Direction des Constructions Navales de devenir une société de droit privé à capitaux publics sous le nom de DCNS. Dans le cadre de la séparation des rôles de maîtrise d’ouvrage et de maîtrise d’œuvre industrielle, le Service de Soutien de la Flotte (SSF) a été créé en juin 2000 pour assurer dans une structure unique la maîtrise d’ouvrage de la Mise en Condition Opérationnelle (MCO) des bâtiments de surface et des sous-marins de la Marine nationale. Jusqu’en 2007, la DGA remplissait également des missions de domaine de la maintenance et de la modernisation des avions et hélicoptères militaires via le Service de la Maintenance Aéronautique (SMA) qui employait environ 3000 personnes. Ce service a été transféré à l’état major de l’armée de l’air et renommé Service Industriel Aéronautique (SIAé). Le Centre d’Etudes de Gramat, responsable de l’évaluation des vulnérabilités des systèmes d’armes aux agressions des armes nucléaires et conventionnelles, dépendait de la DGA et a été transféré au CEA en janvier 2010.

Bien que membre à part entière du ministère de la défense, la DGA se distingue au sein de celui-ci par une forte proportion de civils au sein de son personnel, mais aussi par la quasi-absence de sous-officiers. Les cadres civils sont, eux, fonctionnaires ou sous contrat. Le délégué général pour l’armement a été, quant à lui, et selon les périodes, membre du corps des ingénieurs de l’armement, ou personnalité civile issue du monde industriel.

Moyens d’actions

La DGA est le premier investisseur de l’État, avec 20,9 milliards d’euros de commandes ont été passées à l’industrie en 2009. Elle investit chaque année de l’ordre de 815 millions d’euros pour financer les activités de recherche, de développement de nouveaux équipements, ainsi que l’acquisition et le soutien de tous les matériels ou logiciels destinés à être mis en œuvre par les armées. Sur ces 815 millions d’euros, 194 millions sont affectés aux démonstrateurs technologiques, 133 millions aux études et recherches de base, les 488 millions restant étant dévolus aux études technologiques. La DGA participe aux groupes de travail dans le cadre de la réflexion sur la Stratégie Nationale de Recherche et Innovation (SNRI) et échange sur la veille scientifique avec l’Agence Nationale pour la Recherche (ANR), par les partenariats qu’elle établit avec les contrats de Veille Scientifique et Technique (VST).

La MRIS

Cela s’effectue par les 80 programmes d’armement qu’elle conduit mais également par le financement de Plans d’Etudes Amonts (PEA) et de contrats Recherche Exploratoire et Innovation (REI, montant jusqu’à 300 k€ voir 500 k€) destinés à tous les acteurs du monde de la Défense (grandes industries, PME, laboratoires, universités et écoles).

pp30

En fait, le livre blanc de la défense et la sécurité nationale et le Plan Prospectif à 30 ans (PP30) définissent le besoin opérationnel et capacitaire. En cohérence avec ces deux ensembles de directives, la MRIS produit un Plan Stratégique deRecherche et Technologie (PS R&T) pour constituer le cadre global de l’action destinée à anticiper l’évolution des technologies dans les futurs systèmes de Défense et Sécurité dans le cadre de technologies à maturité avancée (Technology Readiness Level 4 à 7). Sa version 2009 est téléchargeable ici. Elle le décline en réponse technique concrète via le document de Politique et Objectifs Scientifiques (POS)  identifiant les axes de recherche à promouvoir selon les TRL 1 à 4.

TRL

Un soutien particulier aux PME

rapidLa DGA est signataire du Pacte PME depuis décembre 2004 et a même mis en place un dispositif spécial d’appui aux PME RAPID (Régime d’Appui aux PME pour l’Innovation Duale). La DGA tient à accompagner, à travers ce pacte, le développement du tissu industriel des PME intéressant la défense (i.e. détenant des savoir-faire stratégiques) en s’engageant sur un délai de 4 mois maximum entre le dépôt du dossier et le premier versement. En 2010, ce dispositif a représenté 30 million d’euros.

Enseignement supérieur et recherche académique

La DGA finance des organismes de recherche tels que l’Office National d’Etudes et de Recherches Aérospatiales (ONERA), le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA) et le Centre National d’Etudes Spatiales (CNES) ainsi que l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL). La DGA exerce la tutelle sur les écoles suivantes qui forment principalement des ingénieurs destinés à des carrières civiles :

  • École Nationale Supérieure des Ingénieurs des Études et Techniques d’Armement (ENSIETA) à Brest (dont 1/4 de la promotion est militaire).
  • École Nationale Supérieure de Techniques Avancées (ENSTA ParisTech) aujourd’hui à Paris, bientôt sur le plateau de Palaiseau.
  • École polytechnique à Palaiseau. Les élèves de l’X n’ont le statut militaire que durant leur formation désormais.
  • Institut Supérieur de l’Aéronautique et de l’espace (ISAé) à Toulouse

cifre_defenseLa DGA ne se contente pas d’une simple tutelle de ces écoles et propose à l’ensemble du monde le l’enseignement supérieur des financements de thèse, de l’ordre de 150 par an, sur fonds propres ou en cofinancement avec d’autres organismes (CNRS, CEA, INRIA, CNES…). Depuis 2009, elle propose des conventions Cifre-Défense avec un mode opératoire similaire à celui des conventions Cifre mais avec la spécificité d’avoir un sujet d’intérêt défense. Elle soutien également les jeunes chercheurs par la participation financière Étude et Recherche à l’ Étranger (ERE) dans le cadre de  post-doc.

sources:

– site officiel de la DGA

portail de l’armement ixarm

– site officiel de la recherche de la Défense

– association nationale recherche et technologie

wikipédia

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