Détection d’optique pointée

24 janvier 2010 par Optro & Défense | Print Détection d’optique pointée

La Détection d’Optique Pointée (DOP) est une technologie que j’apprécie tout particulièrement car ses applications sont vastes, et les développements très prometteurs. Cette technologie permet de repérer un tireur embusqué, un “sniper”, avant même qu’il fasse usage de son arme, grâce à un rayon laser qui exploite l’effet “oeil de chat”.

Principe:

Concrètement, la zone à surveiller est balayée au moyen de rayons laser, qui sont réfléchis le cas échéant par la lentille de la lunette de visée d’un tireur embusqué. Un processeur est ensuite capable d’identifier la signature spécifique d’une lunette de visée. La position d’un sniper peut être alors être identifiée très rapidement par triangulation, voir par mesure de temps de vol.

Les snipers ayant pour habitude de viser longtemps avant de tirer, le fait de détecter leur lunette de visée comme miroir reflétant un rayon laser pourrait les priver de deux avantages qui leur sont souvent précieux: la discrétion et le temps de préparation.

Les utilisations dépassent le domaine militaire. On peut utiliser cette technologie pour repérer des snipers lors de conflits, mais également lors de réunions politiques ou autres manifestation culturelles et sportives. Ce même système pourrait être également utilisé afin de repérer les téléobjectifs des paparazzi.

Un marché très concurrentiel:

Les entreprises de défense européennes et américaines intensifient leurs efforts de recherche et de développement dans ce domaine, pour tenter de répondre notamment aux besoins identifiés par les forces internationales présentes en Afghanistan et en Irak.

La plupart des systèmes existants utilisent des capteurs acoustiques ou thermiques, qui ne sont efficaces qu’à partir du moment où le sniper effectue son premier tir. A titre d’exemple, le groupe britannique QinetiQ a récemment lancé un appareil dénommé EARS, qui tient dans la paume d’une main, censé détecter un tir de sniper grâce au son qu’il émet. L’appareil a déjà été testé par l’armée américaine en Irak. La rupture technologique apportée par la détection d’Optique Pointée vient du fait qu’elle devrait permettre d’anticiper ce premier tir.

La technologie d’EADS permet de faire le tri entre les reflets des lasers sur les lunettes de visée et ceux sur les objectifs photographiques ou les jumelles des spectateurs. Comme l’a assuré à l’agence Reuters Peter Talbot-Jones, qui dirige une équipe de recherche d’EADS Innovation Works à Newport, au Pays de Galles, “il y a peu de risque de voir un téléobjectif d’un photographe, même long, déclencher une fausse alarme”. EADS espère présenter son Ellipse aux organisateurs des Jeux olympiques de 2012 à Londres. Le projet en est encore au stade des “premiers prototypes” mais il pourrait être opérationnel dans trois ans s’il obtient les financements nécessaires, assurent ses responsables.

Sagem a annoncé en octobre avoir mis au point un tel DOP, repérant toute optique dans un rayon de 2.000 mètres, même camouflé sous un filet. à partir des études menées par EADS, dont les activités avaient été rachetées par Sagem, son grand rival en matière d’électronique, il y a deux ans. La société CILAS a également des compétences très reconnues en ce domaine, ainsi que le CELAR, centre Rennais de la DGA référence dans le domaine de l’électronique et l’optronique.

source: Challenges, Reuters

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