De nouvelles tourelles optroniques françaises en Afghanistan

26 novembre 2010 par Optro & Défense | Print De nouvelles tourelles optroniques françaises en Afghanistan

Les tourelles et autres mâts optroniques ne sont pas l’apanage des grands groupes industriels de la Défense, malgré la complexité qui régit leur élaboration. Ainsi, l’armée américaine a choisi une PME de la région parisienne, la société HGH, pour équiper ses bases avancées (FOB, Forward Operating Base) en Afghanistan. Ces systèmes optroniques de surveillance panoramique vont permettre de renforcer la protection de ces zones, car en plus de renseigner sur la situation de l’environnement à 360°, ils embarquent des fonctions de détection et poursuite automatique de sources de chaleur.

La PME possède déjà une certaine expérience avec les forces armées, pour avoir équipé sous maîtrise d’oeuvre d’INEO 5 frégates type La Fayette (FLF) dans le cadre d’un rétrofit. Celui-ci intervenait suite à l’Urgence Opération (UO) lancée en avril 2009 menant à un marché contractualisé dès l’été pour une première frégate équipée six mois après le lancement de l’appel d’offre. La dernière de ces cinq frégates sera à priori équipée en janvier 2011. L’objectif est de renforcer les capacités de détection des FLF pour « accrocher » des mobiles asymétriques, souvent rapides et bas sur l’eau, comme les skifs d’assaut afin de répondre au mieux aux missions de lutte contre la piraterie dans le cadre de la Task Force 150.

L’armée française avait retenu dès janvier 2010 les systèmes MARGOT 5 000 de Thales pour équiper ses FOB Afghanes, dans le cadre ici aussi d’une UO. Ce système repose sur une caméra infrarouge Catherine XF et une voie optique, permet d’éclairer à très grande distance (supérieure à dix kilomètres) autour des bases. Cette configuration permet l’enregistrement et la veille autour de points sensibles. Les capteurs sont positionnés sur un trépied disposé sur une plateforme rotative, pilotable en site.

Les mâts optroniques

Ces systèmes complexes intègrent différents capteurs. Ils comprennent classiquement une caméra thermique, une voie optique diurne, un télémètre laser ainsi qu’un système GPS et un compas magnétique. Les capteurs sont embarqués sur une plate-forme rotative et peuvent être pilotés en site en en azimut par un joystick ou automatiquement dans le cadre d’un système de veille. Ces plateformes sont montées sur mâts, stabilisés ou pas, pouvant eux-même être embarqués dans des véhicules, avec parfois la possibilité de rétracter complètement l’ensemble à l’intérieur du véhicule pour des mouvements tactiques en tant que véhicule banalisé. En configuration « Stand alone », les capteurs sont positionnés sur un trépied.

Les systèmes diffèrent alors par la technologie retenue pour chaque sous-ensemble qui compose la partie hardware du système. On peut penser à par exemple à la sensibilité de la caméra infrarouge retenue. Des différences notables se font également sur la partie software, en terme de traitement de l’information issue des différents senseurs. Outre l’image brute, le système peut inclure la détection automatique de points chauds, la poursuite automatique d’une ou plusieurs cibles, la réduction de fausses alarmes lié au vent dans les arbres ou les vagues sur l’eau. Ces algorithmes de traitement d’image illustrent ici aussi le fait que l’électronique apporte à l’optique une amélioration sensible de ses performances. Reste à s’assurer de l’interopérabilité des systèmes, en réseau interne ou connecté avec d’autres senseurs types radar.

Selon le modèle employé, et la hauteur à laquelle il opère, un humain sera détecté entre 1 et 3 km de distance. Pour une voiture, les portées passent de 1,5 km à 5 km.

Ne tenant pas à faire la promotion d’un équipement particulier, nous vous renvoyons sur les sites des constructeurs pour plus d’informations sur un produit précis:
– système VIGISCAN sur le site de HGH
– famille de produits MARGOT sur le site de Thales
SAPS et THEOS sur le site de Sagem (groupe Safran)

Une illustration de la dualité des technologies militaires

Comme Optronique & Défense aime à le souligner, les technologies optroniques sont de plus en plus duales. Ainsi, les mâts optroniques ne sont plus réservés aux sous marins ou aux hélicoptères militaires (on parle plutôt dans ce cas de boules optroniques). Les tourelles optroniques sont aussi utilisées dans le domaine civil pour de la surveillance de zones, aussi bien en terme de protection d’installation que de maîtrise des risques liés à l’environnement comme la détection de départs d’incendies de forêt par exemple.

HGH a par exemple mené des essais en Arizona en 2009 et un système a déjà été vendu à Singapour l’année dernière. L’aéroport d’Eppley à Omaha, dans le Nebraska, sera lui aussi équipé d’ici la fin de l’année de ces systèmes optroniques pour la surveillance de ses pistes.

sources:
article de seconde ligne de défense du 10 novembre 2010
article de Jane’s du 28 octobre 2010
– présentation de VIGISCAN sur le site Army Recognition
– présentation de HGH sur provia, le portail des industriel de l’aéronautique civile
– article « 5 FLF rétrofitées » sur le blog Le mamouth du 5 novembre 2009
– article « Margot entre en scène » sur le site Eurosatory2010 du 13 juin 2010


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